CGT CARREFOUR MEYLAN
COMMUNIQUÉ CGT :
mercredi 30 juin 2010
Finalement pas aussi sûr de lui, le gouvernement utilise 22 millions de deniers publics pour une campagne de communication, dont quatre pages dans la presse, pour convaincre du bien-fondé de sa réforme.
La fin justifiant, selon lui, les moyens, il n’hésite pas à manier le mensonge et l’omission dans ces 4 pages de propagande.
Florilège :
• Tous les salariés qui ont commencé leur vie professionnelle avant 18 ans continueront de partir à la retraite à 60 ans. Il s’agit là d’un pur mensonge : seuls les salariés qui auront totalisé un nombre de trimestres cotisés très élevé, sans période de chômage et d’inactivité, seraient concernés. Exemple, un salarié ayant commencé à travailler à 17 ans, totalisant 160 trimestres cotisés et 10 trimestres assimilés (par exemple chômage), ne bénéficierait pas de ces dispositions.
• L’âge de la retraite à taux plein en Allemagne est de 67 ans. Première omission : il sera de 67 ans en …2029. De plus, il n’est pas comparable avec l’âge d’ouverture des droits en France.
• Pour les femmes : avec la réforme, la période de maternité sera désormais intégrée dans le calcul des droits à la retraite. Seconde omission : seuls les congés maternité qui débuteront après le 1er janvier 2012 seront pris en compte. Autrement dit, cette mesure ne sera opérationnelle que pour les retraites qui seront prises à partir de … 2040.
• Une réforme efficace (…) Apport de l’Etat : 15,6 Mrds €. Troisième omission : L’Etat prétend mettre 15,6 Mrds € de ressources nouvelles pour financer les retraites. Il ne s’agit pas de ressources nouvelles, mais d’une somme que l’Etat employeur verse depuis 10 ans pour financer la retraite de ses fonctionnaires.
• Si vous avez démarré votre activité à 17 ans ou avant et que vous avez toutes les années de cotisations nécessaires, vous pourrez continuer à prendre votre retraite à 60 ans. Quatrième omission : combien de trimestres correspondent aux cotisations nécessaires ? Vraisemblablement un minimum de 164 trimestres cotisés. Les trimestres assimilés (chômage, maladie…) ne sont pas considérés comme cotisés.
La Cgt dénonce de telles pratiques. Dès le 2 juillet, et tout au long des congés d’été, elle va mettre à disposition des salariés un 4 pages exposant son analyse de la réforme et ses propositions. Le 13 juillet, avec les autres organisations syndicales, elle interpellera le gouvernement sur le caractère injuste et inacceptable de sa réforme.
Dans ce même cadre intersyndical, elle appelle à faire du 7 septembre une très grande journée de grèves et de manifestations.
Montreuil, le 30 juin 2010
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Communiqué de l’intersyndicale du 29 juin CFDT, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA |
Ces dernières semaines, les salariés du public et du privé, les demandeurs d’emploi, les jeunes et les retraités se sont mobilisés de plus en plus massivement sur les retraites, notamment le 24 juin 2010.
Ils ont réaffirmé leur opposition au projet de réforme injuste et inacceptable du gouvernement, notamment au report brutal des âges légaux à 62 et 67 ans qui pénalise particulièrement les salariés ayant commencé à travailler jeunes et ceux ayant eu des carrières chaotiques et incomplètes.
Cette réforme
n’apporte, par ailleurs, pas de réponse sur le plan de la pénibilité.
Elle aggrave les inégalités entre les hommes et les femmes. Les organisations syndicales dénoncent la campagne médiatique précipitée du gouvernement qui travestit la réalité du projet.
Cette réforme, une des plus dures d’Europe, arrive dans une situation économique dégradée où le chômage est en hausse continue et touche plus fortement les jeunes et les seniors. Les politiques de rigueur se généralisent dans toute l’Europe en aggravant les inégalités et hypothèquent fortement toute reprise.
Des initiatives intersyndicales viseront à interpeller le gouvernement et ses représentants, aux niveaux national et local, le 13 juillet, jour du Conseil des ministres qui adoptera le projet de loi. Durant l’été, les organisations syndicales interpelleront les parlementaires.
Les organisations syndicales CFDT, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA vont poursuivre leur action tout au long du processus législatif de la réforme des retraites.
Elles décident d’une nouvelle journée nationale de grèves et de manifestations le 7 septembre 2010, au moment où s’ouvrira le débat parlementaire. Elles appellent tous les salariés du privé et du public, les demandeurs d’emploi, les jeunes et les retraités à construire ce jour une mobilisation d’ampleur.
Montreuil, mardi 29 juin 2010
RÉUNION DU
COMITE CENTRAL D'ENTREPRISE
CARREFOUR HYPER SAS
DU 22 JUIN 2010
LE COMPTE RENDU CGT
En préambule la délégation CGT a regretté que le jour précédent ce CCE différentes réunions importantes étaient planifiées en même temps contraignant de fait certains participants du CCE de devoir faire un choix : (réunion préparatoire économique présentée par l’expert comptable, réunion de suivi de la GPEC SAVR,…).
Elle a aussi fait remarquer que certains documents n’avaient pas été remis suffisamment tôt pour permettre leurs analyses par les membres du CCE.
Le DRS a répondu à ces remarques en affirmant en tenir compte à l’avenir.
D’autre part le DRS a en outre précisé que suite aux dégâts provoqués par les inondations dans le Var une réunion d’urgence de la Commission Solidarité avait été programmée le 1er juillet.
Ä Approbation des PV des CCE Carrefour hypermarchés SAS du 2 avril 2010 et du 20 mai 2010 :
Ces deux PV sont approuvés à l’unanimité du CCE. (CFDT-CGT-FGTA-FO)
(Pour rappel les PV approuvés sont à dispositions des Directeurs des magasins et doivent vous être remis si vous en faites la demande).
Ä Information des membres du CCE sur les résultats 2009 de la société Carrefour Hypermarchés S.A.S ( 133 magasins):
Rapport de l’expert comptable du CCE sur les résultats 2009 de la société Carrefour Hypermarchés S.A.S:
L’expert comptable expose les conditions économiques dégradées de la France. Il précise que la France serait rentrée en récession économique le deuxième trimestre 2008 et semblerait en être sortie en fin d’année 2009. Toutefois il précise que ceci reste sous réserve de connaître les chiffres du début de l’année 2010.
Le poste des dépenses alimentaires baisse dans le budget des ménages français.
Pour les Hyper Carrefour une perte de part de marché se confirme en mai 2010. (Moins 0.4 %) et ceci malgré les plans de réductions de coût mis en œuvre.
Ces plans ont été, entre autres, la convergence d’enseigne: Carrefour et Carrefour Market, des campagnes publicitaires pour restaurer l’image prix de Carrefour, négative dans l’esprit du public, le lancement de la marque Carrefour Discount (plus de 400 références),…
Les frais de personnel ont été réduits de 5,3% par rapport à 2008 par une réduction drastique des effectifs de 5,7%. Ceci a aboutit à une augmentation de la productivité des salariés.
La baisse des frais généraux a été 5,36%.
Pour 2010 les prévisions de Carrefour pour les Hyper sont une baisse de 3.86% des frais de personnel avec de nouvelles réductions de personnel au travers des projets en cours et à venir ainsi que de 2,26% des frais généraux.
Ä Rapport de la commission économique du 18 juin 2010:
Le rapport est présenté par le président de la commission économique qui fait les mêmes constats que l’expert comptable du CCE sur les résultats 2009 de la société Hypermarchés SAS qui compte 133 magasins.
Ä Information/consultation des membres du CCE sur le projet de bilan social 2009 de la société Carrefour Hypermarchés S.A.S:
Au 31 décembre 2009 il y avait 54230 salariés dans le périmètre Carrefour Hyper SAS contre 57513 en 2008 et 59927 en 2007.
L’effectif des employés (niveau 1 à 4) était de 48656 et de 5574 dans pour l’encadrement (maîtrise et cadre).
L’âge moyen était de 36 ans et 7 mois, l’ancienneté moyenne de 10 ans.
L’effectif handicapé était de 2930 salariés.
Il y a eu 14827 embauches pour 18110 départs au cours de l’année 2009.
2,48% de la masse salariale a été consacrée à la formation. (29707 K€)
Le taux d’absentéisme a été de 7,68% pour 7,55% en 2008 et 6,94% en 2007.
3619 accidents du travail déclarés au 31 décembre 2009.
6,67% des salariés ont été victimes d’un accident de travail avec arrêts durant l’année 2009.
Le nombre de maladies professionnelles est de 436 en 2009 pour 393 en 2009.
La CGT s’étonne que l’on ait à se prononcer pour ou contre un bilan social.
On note 3280 salariés en moins par rapport à 2008, soit 5,7%.
5687 salariés en moins par rapport à 2007.
26% des salariés sont à temps partiel, combien l’ont-ils choisi ?
Il y a eu 8135 embauches en moins par rapport à 2008.
7266 départs dans l’année (13,4% de l’effectif mensuel moyen indicateur significatif du roulement des effectifs au sein du magasin).
Une politique promotionnel faible de 3,90%.
La rémunération moyenne mensuelle progresse en 2009 de seulement + 1,11 % pour les hommes et baisse de - 0,94 % pour les femmes alors que la productivité chiffre d’affaires progresse en 2009 à 264 K€ par salarié.
Par rapport au temps partiel imposé à l’embauche ou au salaire qui stagne et qui ne répond pas aux besoins pour vivre des employés, rappelons qu’un nouvel embauché perçoit seulement 1000€ pour vivre, que des employés sont amenés à conduire des actions en justice pour demander leur du: (forfait pause/SMIC).
D’autre part on constate de nombreuses disparités voire d’inégalités (hommes/femmes ; cadre/employé) tant au niveau de l’emploi, de la formation que de la rémunération.
On ne peut approuver un bilan social qui est le reflet d’une politique sociale qui se dégrade à Carrefour.
Le bilan 2009 a été désapprouvé à l’unanimité du CCE. (CFDT, CGT, FGTA-FO)
Ä Consultation sur le dossier TBO (Transformation Back Office):
M PAIN de la commission économique du CCE fait lecture de son rapport qui invite la représentation du personnel du CCE à rendre un avis défavorable concernant les projets « de Transformation du Back-Office magasin (TBO PAM et TBO réception).
L’économie attendue est de 14 Million d’€ annuelle toutes entités confondues.
Ce projet va débuter en juillet 2010 après cette consultation du CCE et celle des CE des magasins concernés. Ensuite chaque salarié sera reçu individuellement par son Directeur et le Manager RH/Paie s’il est présent dans le magasin.
La délégation CFDT s’est inquiétée concernant l’accord de GPEC actuelle le jugeant inadapté à l’ensemble des restructurations actuelles dans le groupe.
Le représentant FGTA-FO, quand à lui, déclaré qu’il ne fallait pas renégocier cet accord triennal mais l’adapter à chaque projet en cours.
Ce projet est basé sur le volontariat. Une mise au point sera effectuée avec le CCE à la fin de l’année pour connaître son avancement.
-La délégation CGT a demandé si les annonces contenues dans la Bourse du Travail Carrefour étaient à jour. La Direction a répondu que les BU seraient sensibilisées pour les mises à jour.
- La délégation a demandé que les salariés soient reçus par les Directeurs des magasins avec un élu s’il le désire par crainte des pressions qui pourraient s’exercer. Le DRS a refusé prétextant qu’il n’en voyait pas la raison.
La CGT constate que ce dossier TBO a surtout pour but de faire des économies au niveau des frais de personnel, avec la suppression de plus de 500 postes entrainant des conditions de travail dégrader pour les salariés concernés. Nous constatons que le travail de la commission économique corrobore notre inquiétude. On fait remarquer de plus que l’accord de GPEC n’est pas adapté, que pour ce projet il nécessite de faire des améliorations qui nous paraissent, hélas, insuffisantes. Pour ces raisons la CGT donne un avis défavorable sur le dossier TBO.
Le CCE a désapprouvé à l’unanimité ce projet (CGT-CFDT-FGTA-FO).
Ä Consultation sur le projet réorganisation du service décoration:
M PAIN de la commission économique du CCE fait lecture de son rapport qui invite la représentation du personnel du CCE à rendre un avis défavorable concernant le concernant le projet « réorganisation des services décorations »
La CGT constate que ce dossier service décoration a surtout pour but de faire des économies au niveau des frais de personnel de 11 millions d’euros, avec la suppression de plus de 180 postes entrainant des conditions de travail dégradés pour les salariés concernés. D’autre part on supprime des postes en magasin pour le donner à des entreprises extérieures ce qui va à terme dévaloriser l’image de Carrefour auprès de la clientèle. On fait remarquer de plus que l’accord de GPEC n’est pas adapté, que pour ce projet il nécessite de faire des améliorations qui nous paraissent, hélas, insuffisantes. Pour ces raisons la CGT donne un avis défavorable.
Le CCE a désapprouvé à l’unanimité ce projet (CGT-CFDT-FGTA-FO).
Date prévue pour les prochains CCE 03 et 28 septembre 2010, 14 octobre, 9 et 25 novembre, 14 décembre.
La délégation CGT était constituée de Sylvie de Rosny (93) titulaire, Eric de Meylan (38) titulaire et Patrice du SAVR ouest (49) représentant syndical.
jeudi 24 juin 2010
La puissance et la détermination qui ont caractérisé les grèves et les manifestations unitaires font du 24 juin la journée d’action syndicale interprofessionnelle la plus forte de l’année 2010.
A 17h30, la CGT a recensé 1 920 000 manifestants dans les 201 points de rassemblements et cortèges qui ont couvert l’ensemble du territoire. Avec des milliers d’arrêts de travail dans les entreprises du privé et dans les services publics, c’est largement plus de 2 millions de personnes qui ont, d’une façon ou d’une autre, participé à cette action collective soutenue par 68 % de la population.
Un grand nombre de salariés de toutes professions et de toutes générations ont su relever le défi quelques jours après que le gouvernement a présenté son projet de réforme des retraites.
C’est bien la détermination des salariés à empêcher la mise en œuvre d’une réforme inacceptable et injuste qui s’est largement exprimée aujourd’hui.
Des centaines de milliers de voix se sont fait entendre contre un report de l’âge de départ en retraite à 62 et 67 ans, la non reconnaissance des métiers pénibles, des dispositions qui reviennent à faire payer aux salariés la facture d’une crise dont ils ne sont pas responsables.
Une majorité de français refuse la mise en œuvre d’une réforme des retraites parmi les plus brutales d’Europe, conçue d’abord pour répondre aux injonctions des marchés financiers au détriment de l’emploi et de la consolidation du système de retraite solidaire par répartition.
Le gouvernement doit entendre les revendications syndicales, les aspirations à plus de justice sociale.
A l’évidence, c’est un conflit de plus grande ampleur qui se dessine si le gouvernement persiste dans ses intentions.
La CGT estime que, forte de l’immense succès de cette mobilisation, l’intersyndicale du 29 juin est confortée dans sa démarche et pour préparer d’autres initiatives.
La CGT considère que l’actuel projet de loi portant réforme des retraites ne doit pas être soumis à l’examen du Conseil des Ministres du 13 juillet. Cette revendication doit être portée sur chaque lieu de travail.
La CGT exige l’ouverture d’un vrai cycle de négociations avec les syndicats de salariés afin d’arrêter les dispositions de nature à pérenniser le système et le niveau des retraites.
Ainsi, Le Figaro fait sa Une ce matin sur le résultat d’un sondage IFOP pour tenter d’accréditer l’idée que « 58 % des français approuvent la retraite à 62 ans ». Il y aurait un revirement de l’opinion des français puisque toutes les enquêtes ont montré jusqu’à présent une forte majorité en profond désaccord avec la volonté de saborder le droit au départ à la retraite à 60 ans.
A y regarder de plus près, je constate que :
• l’on interroge les français sur le caractère « acceptable » du recul de deux ans de l’âge légal de départ à la retraite et qu’on leur fait dire qu’ils « approuvent les 62 ans »,
• 70 % des retraités jugent « acceptable » une mesure qui ne les affecte pas, tout comme 67 % des professions libérales et 61 % des artisans et commerçants,
• Le Figaro aurait pu faire son titre sur les 67 % qui jugent la réforme « plutôt injuste ».
Cette tentative de manipulation de l’opinion conduit l’éditorialiste du Figaro à affirmer de manière péremptoire « les français comprennent la nécessité de porter l’âge légal de la retraite à 62 ans, ils approuvent le gouvernement d’avoir pris cette décision ». C’est une version du « comment prendre ses désirs pour des réalités ».
Parallèlement, une autre enquête IFOP également publiée ce matin mettrait en évidence que 57 % des français ne font pas confiance aux syndicats. Là aussi, il s’agirait d’une rupture avec toutes les enquêtes précédentes sur le sujet qui ont toutes mis en évidence un taux de confiance oscillant entre 53 et 57 % à l’avantage des syndicats.
L’explication réside sans doute dans l’avertissement discret commentant le résultat « les comparaisons sont difficiles. La méthode du sondage n’est pas la même que les années précédentes ». Les sondés ont été sollicités via Internet, ce qui représente un « biais », selon les spécialistes des sciences sociales.
En effet, faut-il être abonné à Internet pour que son opinion soit prise en compte ? Peu importe ce détail pour les commanditaires, l’essentiel est d’alimenter le discrédit sur la parole syndicale.
Les mauvaises langues ont relevé que ces deux enquêtes d’opinion, relayées aujourd’hui dans les médias, émanent de l’IFOP dont la Vice-présidente n’est autre que Madame Parisot, par ailleurs Présidente du Medef !
Je ne peux m’empêcher de rapporter ces faits à d’autres tout aussi préoccupants. Ainsi, à deux reprises cette semaine, une radio et une chaîne de télévision, toutes deux publiques, ont décommandé l’invitation qui m’était faite de venir exprimer nos positions avant la journée de mobilisation du jeudi 24 juin. Une autre invitation, celle-ci prévue pour demain soir, est mise en suspend. A chaque fois, c’est l’actualité footballistique qui justifierait ces changements de programme.
Le débat de société sur l’avenir des retraites qui engage le sort de millions de salariés pour plusieurs décennies devrait s’effacer derrière les péripéties de notre équipe de football !
Aussi, j’interpelle par avance publiquement les rédactions des principaux médias qui seraient tentées jeudi de reléguer la journée de grèves et de manifestations au rang des faits divers. L’élimination de l’équipe de France de football de la coupe du monde 2010 est malheureusement une affaire entendue ; la mobilisation contre le projet de réforme des retraites, elle, ne fait que commencer.
Montreuil, le 23 juin 2010
Communiqué de presse
UNE SALARIÉE DE CARREFOUR, POUSSÉE À BOUT PAR
SA DIRECTION, A TENTÉ DE SE SUICIDER
Aux alentours de 18h30, hier, lundi 14 juin, une caissière employée du magasin Carrefour situé à Moulins (Allier) a tenté de mettre fin à ces jours sur son lieu de travail. Depuis la mijournée,ses jours ne sont plus en danger. Un calepin retrouvé à ses côtés par les collègues qui l’ont secourue ne laisse aucun doute sur les motifs de son acte : ras-le-bol complet, désespoir,
auto-dévalorisation,…
Cette salariée est élue CGT au CHSCT du magasin. Depuis plusieurs mois, elle recevait des courriers de sa hiérarchie et essuyait des critiques désagréables pour tout et n’importe quoi.
Encore récemment, il lui avait été reproché de s’être arrêtée pour dire bonjour à une collègue avant de prendre son service.
Son proche entourage confirme que cette salariée n’avait aucun problème si ce n’est probablement avec son employeur. Sans doute qu’elle est aussi dotée d’une résistance à la pression psychologique plus élevée que la moyenne pour ne pas s’être effondrée plus tôt.
Convoquée pour un entretien dans l’après-midi d’hier, la salariée en est sortie en pleurs vers 16h et s’est remis au travail. C’est durant sa pause qu’elle s’est enfermée dans les toilettes et a finalement craqué.
Le CHSCT de cet établissement Carrefour a été convoqué en urgence cet après-midi par la Direction. Le syndicat CGT de l’entreprise a d’ores et déjà prévu de porter plainte contre Carrefour pour harcèlement.
La fédération du Commerce et des Services CGT exprime son plein et entier soutien à la salariée, à ses proches et à ses collègues et fera tout ce qui est en son pouvoir pour que les responsabilités soient clairement établies.
Montreuil, le 15 juin 2010
Contacts :
Fédération CGT Commerce Distribution Services –
PLUS JAMAIS ÇA !
Martine ne doit pas avoir attenté à ses jours pour rien …
Lundi 14 juin 2010, il est 16 h 00, Martine se rend une énième fois, comme bien d’autres, à un entretien dit de « sensibilisation » (Carrefour adore ce terme !).
Elle s’attend, pour en avoir l’habitude hélas, à s’entendre encore reprocher tout et à peu près n’importe quoi, puisque le but est clairement de la faire
craquer. Elle en est convaincue, après 6 courriers, des remarques et réflexions blessantes et incessantes, elle se sent le courage de tenir une nouvelle fois le coup et de faire face …
Pourtant, c’est en pleurant que Martine sortira du bureau et, après que ses collègues de travail aient tenté au maximum de la réconforter, elle s’en ira
discrètement s’enfermer dans les toilettes réservées au personnel du magasin pour mettre fin à ses jours.
Elle prendra soin, avant d’absorber les 2 tubes pleins de barbituriques, de laisser un mot dans lequel elle écrit, comme beaucoup d’entre nous certainement, n’avoir jamais pensé préalablement en arriver là un jour, mais puisque décidemment sa hiérarchie la trouve à ce point « incapable », puisque ses responsables n’ont de cesse que de vouloir l’humilier et la rabaisser, cette fois-ci, elle n’aura pas le courage d’affronter une
nouvelle fois l’abattement et l’épuisement moral dans
lequel cette violence l’a plongé. Cette fois, elle a préféré en finir … avec la vie.
Cela n’aurait pu être qu’un simple mauvais roman et pourtant, c’est la réalité, cruelle et entière, dans laquelle s’est débattue Martine dans le cadre de son travail dans un Carrefour, … à Moulins.
Mais elle n’est malheureusement pas la seule puisqu’à ce jour, et en très peu de temps, ce ne sont pas moins de 20 suicides qui sont « officiellement » recensés par Carrefour, sans que nous n’ayons d’ailleurs la possibilité de vérifier la véracité de ces chiffres, ni même les tentatives de suicides qui ont eu lieu.
Cela ne peut plus durer !
Les stratégies économiques et financières mises en place par Carrefour depuis quelques années ont des répercussions sociales trop néfastes sur nos vies et nos conditions de travail pour que nous les laissions perdurer :
La politique de management, qui en découle avec son lot de mépris, de réflexions, de stress et de pressions diverses et quotidiennes, est trop
insupportable pour que nous continuions à rester sans réagir !
L’accélération des cadences de travail, l’accroissement des tâches à accomplir,l’individualisation des salariés pour mieux installer le règne des petits chefs et directeurs trop pressés de nous rabaisser, ne peut nous laisser indifférent et inactif plus longtemps.
Cela doit cesser !
Le syndicat CGT de Carrefour Moulins appelle l’ensemble des salariés à
se mettre en grève toute la journée le samedi 19 juin 2010 avec débrayages et rassemblement prévus notamment de 10h00 à 12h00 puis de 16h00 à 18h00.
Pour que plus jamais qui que ce soit d’entre nous ne soit contraint un jour à bout de force, à n’avoir comme seule solution le suicide pour échapper à l’insupportable.
Soyez nombreux à ENFIN relever la tête avec dignité
ce samedi 19 juin 2010 !!!
Le syndicat CGT Carrefour Moulins
Le projet présenté par le ministre Woerth le 16 juin constitue un recul social sans précédent !
Il veut en terminer avec la retraite à 60 ans en portant l’âge légal de départ en retraite à 62 ans, durcir encore les conditions d’accès à une retraite à taux plein, ne pas reconnaître la pénibilité de certains métiers et faire supporter le financement à 87 % par les salariés !
La CGT réaffirme que :
La CGT veut élargir la mobilisation en faisant connaître ses propositions au plus grand nombre :
MANIFESTONS, EN TRÈS TRÈS GRAND NOMBRE
JEUDI 24 JUIN 10h gare Sncf de Grenoble
A l’appel de CGT, CFDT, CFTC, FSU, UNSA et Solidaires
POUR LE RETRAIT DE CE PROJET UNIQUE !
Le gouvernement vient de rendre public l’avant-projet de loi sur la réforme des retraites à l’issue d’une pseudo concertation.
Pour la CGT, c’est une réforme brutale pour un recul social sans précédent qui appelle ces premiers commentaires :
• En repoussant l’âge de départ à la retraite à 62 ans et l’âge de la retraite à taux plein à 67 ans (au lieu des 60 et 65 ans actuels), et en confirmant l’allongement de la durée de cotisation à 41,5 ans, les conditions d’acquisition des droits à la retraite en France seraient les plus drastiques en Europe,
• La quasi-totalité des salariés du public et du privé sont concernés,
• L’âge de départ en retraite serait repoussé à partir du 1er juillet 2011 sur un rythme accéléré pour atteindre 62 ans pour les salariés qui peuvent prétendre aujourd’hui à partir en retraite en 2016,
• Le droit à la retraite à taux plein serait porté à 67 ans. Les femmes dont 30 % sont déjà contraintes aujourd’hui de partir à 65 ans en seront les principales victimes,
• Les différentes mesures d’âge vont toucher plus particulièrement les jeunes. Ainsi, d’ici 2016, c’est plus d’un million d’emplois qui ne leur seront pas ouverts parce que leurs parents devront travailler plus longtemps.
• Le traitement des salariés exerçant des métiers pénibles et astreignants relève de la provocation. Il n’y aurait aucun métier pénible. Seul serait apprécié le degré d’usure du salarié qui, le cas échéant, lui permettrait de continuer de partir à 60 ans. On est loin du droit au départ anticipé avant 60 ans pour une retraite en bonne santé, alors que la CGT estime à 15 % les salariés en emploi pénible,
• Pour les fonctionnaires, la cotisation retraite augmentera de 2,7 %. Le dispositif de départ anticipé pour les femmes ayant eu 3 enfants disparaîtrait. Au nom de l’équité, c’est l’alignement des droits par le bas,
• Pour les régimes spéciaux : le gouvernement confirme que les mesures s’appliqueront aux salariés des régimes spéciaux. Il cherche surtout à éviter un front uni de tous les salariés en différant la mise en œuvre en 2017.
Ainsi l’ensemble des dispositions affectant les droits en matière de retraite représenterait une ponction de 22,6 milliards d’euros en 2018, 25,1 milliards d’euros en 2020.
Parallèlement, les propositions concernant la mise à contribution des hauts revenus, des revenus du capital, des entreprises ne font qu’égratigner les dispositions en leur faveur. Leur seule vocation est de créer l’illusion que la réforme est juste. Les recettes attendues sur ce plan sont estimées à 4,4 milliards d’euros en 2020, soit 5 fois moins que les sacrifices imposés aux salariés.
Le projet de loi est très largement marqué de l’empreinte du MEDEF qui réclamait le report de l’âge légal de la retraite. Les entreprises obtiendraient de plus de nouvelles aides financières pour l’emploi des plus de 55 ans.
La brutalité des mesures gouvernementales vise à répondre à la pression conjuguée des marchés financiers et des agences de notation qui exigent une réduction des budgets publics et sociaux dans tous les pays européens.
Non content d’affaiblir encore davantage le système de retraite par répartition, en accentuant les conséquences des réformes antérieures qui amputent déjà le niveau des retraites, le gouvernement n’apporte aucune réponse nouvelle aux défis du chômage, des bas salaires et de la précarité. C’est pourtant dans la réponse à ces problèmes que réside l’essentiel des solutions garantissant la pérennité des retraites.
Pour la CGT, c’est évident, cette réforme des retraites doit être résolument combattue.
Chaque salarié de tout âge et de toute profession doit prendre conscience que c’est de sa mobilisation que tout va désormais dépendre.
La CGT appelle tous les salariés à mener campagne pour des grandes manifestations unitaires et interprofessionnelles le jeudi 24 juin prochain et l’organisation de nombreux arrêts de travail dans le privé et le public.
Montreuil, le 16 juin 2010